Formation Hypnose Medicale

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La formation en hypnose médicale à Paris.
Mis à jour : il y a 28 min

Médecin généraliste et Hypnose: Osez ! Dr Pierre Le Grand

vendredi 9 novembre 2018 - 18:33
Revue Hypnose & Thérapies brèves n°50 PIERRE LE GRAND Médecin généraliste à Brest en libéral et en milieu carcéral, il travaille avec l’hypnose ericksonienne et les thérapies brèves depuis 2014. Formateur à l’Institut Emergences de Rennes, il coordonne la formation Hypnose et Médecine générale. Médecin généraliste, formé à l’hypnose médicale, je croise d’autres médecins qui ont cet outil dans leur sacoche.

Certains s’en servent, d’autres moins. Ils invoquent alors tout un tas de raisons : pas le temps, pas de reconnaissance de l’acte, pas facile à concilier avec l’organisation du cabinet... Pourtant, l’hypnose peut apporter quelque chose en plus au patient mais aussi au médecin lui-même.
A travers cet article, je vous propose de découvrir différentes situations où l’hypnose m’a été utile dans plusieurs contextes de médecine générale.

MADAME O.
J’ai débuté ma formation en hypnose au cours de mon internat. Mon dernier semestre se déroulait en autonomie chez des médecins généralistes. Au début du stage, lors d’une consultation réalisée en binôme avec le médecin senior, Mme O. décrit une douleur allant de l’épaule au poignet gauche et une autre douleur au majeur gauche. Je l’examine et retrouve une névralgie cervico-brachiale (NCB) avec une contracture musculaire bien palpable au niveau du trapèze gauche. Le médecin senior prend alors le relais pour effectuer de la mésothérapie. Au cours de l’examen, en poursuivant l’échange, la patiente explique son contexte de stress et d’angoisse lié à un problème familial récent. Le médecin me glisse : « Tu peux peut-être faire ton truc là pendant que je fais le geste. »

La patiente a déjà eu de la mésothérapie et anticipe la douleur de ces multiples injections dans le dos. Je me dis que je pour- rais au moins détourner son attention de cette partie du corps. Allez, j’ose faire de l’hypnose avec cette patiente ! Mais quoi faire ? Je n’ai pas eu le temps d’en discuter avec elle. L’autre médecin ne connaît pas cette pratique et risque d’interférer. Pas le temps de trouver un tas de raison pour ne rien faire, je m’entends dire : « Pendant que mon collègue s’occupe d’une par- tie de vous... je vais vous proposer un petit exercice... et pour ça j’aimerais savoir... où est votre angoisse ? »
J’aperçois le regard déconcerté du mé- decin derrière la patiente. J’imagine qu’il cherche la logique de la question. La réponse de la patiente vient confirmer mon intuition : « Dans ce doigt » (majeur gauche). « Très bien... » Et l’on poursuit la réification de cette angoisse sous la forme d’une pierre blanche, rigide et froide, qui s’est installée là. Petit à petit, la pierre devient plus souple, plus chaude et le doigt devient plus confortable.
Je repense alors à sa description initiale de la douleur. Elle en distinguait bien deux. Et je me demande ce qu’auraient pu faire les antalgiques ou la mésothérapie sur cette douleur du doigt qu’en tant que mé- decin on aurait attribué à la NCB mais que la patiente rattachait à de l’angoisse. Au cours du stage, je reverrai Mme O. pour un autre motif. Elle m’expliquera qu’elle a continué à s’aider de la respiration pour at- ténuer cette gêne au doigt. « Très bien ! »

MADAME S.
Après les stages, je débute les remplace- ments. Il faut s’adapter rapidement au ca- binet, à l’organisation du médecin, à son lo- giciel, à son rythme de consultation, etc. Un matin, je reçois Mme S. qui vient pour le re- nouvellement de son antidépresseur. L’en- tretien confirme qu’elle est effectivement en dépression chronique. Suite au décès de son mari il y a plus d’un an, elle passe toutes ses journées au cimetière. Toute son éner- gie y passe. Elle ne mange quasiment plus et continue de perdre du poids. Elle refuse de voir un(e) psychologue (« à quoi ça ser- virait ? ») ou un(e) psychiatre (« pour avoir encore plus de médicaments ? »).
J’aurais pu renouveler le traitement et laisser son médecin habituel réévaluer. Mais j’ai envie de lui proposer autre chose. Allez, j’ose ! Il ne me reste que deux jours de remplacement donc j’insiste bien sur le fait que c’est à elle de décider si elle se sent prête à changer. Elle me dit oui, alors on se revoit en fin de journée où elle m’explique son parcours de vie. Ce premier entretien me permet d’avoir quelques hypothèses d’état et de processus et de repérer des res- sources, notamment sa résistance et sa ca- pacité à affronter une multitude de situa- tions problématiques.
Je la revois dès le lendemain soir. La séance est riche en émotion. Elle réussit d’abord à dénouer le nœud en béton qui lui bloquait l’estomac. Ensuite, petit à petit, elle se construit un lieu sûr, toujours avec beau- coup d’émotion. Et puis pas de nouvelles... Je recontacte donc le médecin traitant uelques mois après. Il m’apprend que tout son entourage la trouve changée. Elle ne se rend plus de manière obsessionnelle au ci- metière et en est ravie . « Bravo ! »
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La conspiration du silence: Tâches thérapeutiques. Guillaume DELANNOY, Vania TORRES-LACAZE et Annick TOUSSAINT
A partir de maintenant, et jusqu’à notre prochaine rencontre, je vais vous demander de ne plus du tout parler de votre problème, et ce à qui que ce soit. Vous pouvez bien entendu continuer à parler de tout autre sujet, mais plus un mot à propos de ces difficultés récurrentes que vous rencontrez. 
Conscience et guérison: le rôle du patient dans le processus de guérison. Dr Gérard VIGNERON
« Oui, vous aviez raison, c’est bien un lymphome. » Ces quelques mots prononcés par le chirurgien qui venait de recevoir les résultats de l’anatomo-pathologie des ganglions enlevés quelques jours auparavant, allaient provoquer en moi une espèce d’urgence à préciser le rôle et la place que doit prendre le patient dans le processus de guérison.
Note Cinquième selon François Roustang. Sylvie LE PELLETIER-BEAUFOND
Présentant un court texte lors d’une rencontre sur le thème de l’identité, François Roustang propose une réflexion sur ce qu’il titre « habitation ». Ce texte ne prétend pas aborder la question sou- levée ici d’un point de vue philosophique ou d’un point de vue social, il énonce une démarche thérapeutique en tout point originale.
Cardiopathies congénitales en service de réanimation. Karine CAMPISTRON
Nous travaillons dans le service de réanimation des cardiopathies congénitales de l’adulte et de l’enfant de l’hôpital Haut-Lévêque au CHU de Bordeaux. Dans ce service l’accompagnement des patients en réanimation est très complexe. Les patients, adultes comme enfants, y sont très techniqués (cathéters, drains, électrodes, sondes, canules...). 
La rééducation en éveil de coma: Intérêt de l'Hypnose. Marie-Pierre BERTINET et Céline DEFACHELLE
Et si l’hypnose était non seulement praticable, mais présentait un intérêt majeur chez un patient douloureux en état de coma vigile ? 
Devant l’absence d’évolution significative de Paul, une prise en charge à visée antalgique a été tentée pendant trois mois par un binôme hypnothérapeute-kinésithérapeute.
Hypnose en terrain humanitaire. Christine ALLARY
Au décours d’une mission de chirurgie maxillo-faciale, en situation anesthésique précaire avec l’association Les Enfants du Noma à Madagascar, l’idée s’est spontanément imposée à l’équipe d’anesthésie de mettre en place et bénéficier de l’outil hypnose au bloc opératoire. 
Médecin généraliste et Hypnose: Osez ! Dr Pierre Le Grand
Médecin généraliste, formé à l’hypnose médicale, je croise d’autres médecins qui ont cet outil dans leur sacoche. Certains s’en servent, d’autres moins. Ils invoquent alors tout un tas de raisons : pas le temps, pas de reconnaissance de l’acte, pas facile à concilier avec l’organisation du cabinet...
Au quotidien: La pratique de l'hypnose en médecine générale. Dr Salomon HAYOUN
Près de seize ans après ma formation à l’hypnose médicale auprès de Jean-Marc Benhaiem et de l’influence philosophique de François Roustang, il m’est agréable de m’interroger sur ma pratique de l’hypnose en médecine générale. Outre la transformation personnelle qu’il est classique d’exprimer comme tous ceux qui ont été initiés à l’hypnose, j’aborderai ici mes rapports aux patients, à la maladie et ma position en tant que soignant. 
Phénoménologie de la transe en médecine générale. Dr Daniel Quin
Médecin généraliste pratiquant l’hypnose depuis quinze ans, en cabinet libéral, cette activité spécifique représente à ce jour 80 % de mes consultations. Je suis confronté régulièrement à des demandes de sevrage tabagique, à des phobies de toutes sortes, des troubles anxieux, des insomnies, des pulsions alimentaires, des comportements addictifs (alcool, drogues, jeux), à de la préparation à des concours ou des épreuves sportives. 
Hypnose et médecine générale. Dr Gérard FITOUSSI
« La médecine générale est une médecine de l’individu dans son environnement naturel. L’objectif premier de la médecine est le soin du patient. Tout comme la médecine en général, la médecine générale est une discipline qui fait appel à des données biomédicales et techniques. Cependant ces seules données sont insuffisantes pour répondre à toutes les demandes de soins des patients.
« L’hypnose, on commence quand ? » Dr Stefano Colombo, Revue Hypnose et Thérapies brèves 50
Ce qui me gêne ? Je souffre de crises de panique, docteur. C’est horrible. Cela me prend d’un coup, quand je les attends le moins du monde. - Parce que vous les attendez ? - J’y suis tellement habitué que je sais d’avance qu’elles vont venir. - Vous êtes donc prévenu ! - Tout en ne sachant pas quand elles viennent. 
Interview du Dr Dominique Megglé par le Dr Gérard FITOUSSI
Votre parcours professionnel est impressionnant, pouvez-vous nous donner un aperçu ? Dominique Megglé : Servir ! Je me suis engagé dans l’armée pour servir la France. Pendant la Seconde Guerre mondiale, mon père, résistant, a été arrêté et torturé par les nazis, puis déporté à Buchenwald. Et comme je suis né au Maroc et que mon enfance en a été bercée, je voulais retrouver ma chère Afrique.
Hypnose et écriture: "146 boulevard Haussmann", l'ouvrage de Maurice Soustiel
Compte rendu par Sophie COHEN. Il est rare que je parle d’un récit et voici que cette rubrique fait exception pour l’excellent livre de Maurice Soustiel. Maurice Soustiel pratique l’hypnose dans sa consultation à l’hôpital. Il me dit sans l’hypnose, ce livre n’aurait jamais vu le jour parce que penser le passé jusqu’à l’écrire est extrêmement thérapeutique.
Notes de lecture par Christine GUILLOUX
La clé des cœurs : Contes et mystères en pays amoureux, Henri Gougaud
Dernière livraison de notre ami Henri Gougaud, le conteur par lequel l’on renaît sans cesse, par lequel on se nourrit comme on se sourit, par lequel l’on sait transformer les menaces en miracles.
Initiation à la thérapie brève orientée vers les solutions : En dix leçons 
Comptes rendus par Sophie COHEN
Un guide court et clair qui décrit les outils de thérapies brèves. En passant par la définition des objectifs et la question miracle, dix outils sont développés et ce en une centaine de pages. Avec cette synthèse, on ne peut plus dire que l’on n’a pas le temps de lire !

Hypnoscopie Octobre 2018 - Actualités en Hypnose Médicale

mardi 6 novembre 2018 - 01:11
Lutte contre la douleur: "Arrêtons de dire aux patients, c’est dans votre tête" Pour le professeur Serge Perrot, « il faut arrêter de nier la douleur des patients ».
En cette journée mondiale de lutte contre la douleur, le professeur Serge Perrot, rhumatologue à l’hôpital Cochin à Paris, refuse le terme de « douleurs inexpliquées ».
Serge Perrot, rhumatologue, est en charge du centre de la douleur de l’hôpital Cochin (AP-HP) à Paris et auteur de « La douleur, je m’en sors » (Ed. In Press). En cette journée mondiale de lutte contre la douleur, le professeur constate qu’il y a encore d’énormes progrès à faire en la matière.

Vous refusez le terme de « douleurs inexpliquées ». Pourquoi ?

SERGE PERROT. Parce qu’il est faux ! On ne peut pas dire qu’elles sont inexpliquées. Pendant longtemps, on a seulement reconnu les douleurs dites « nociceptives », responsables d’une inflammation comme la polyarthrite, de maladies comme le cancer. Avoir mal était forcément le signe d’un problème. Puis, il y a vingt ans, on a compris qu’il pouvait y avoir des douleurs inutiles. Par exemple, une femme opérée d’un cancer du sein continuait de souffrir. On se disait, ce n’est pas possible, elle est pourtant guérie. Mais lors de l’intervention, on lui avait coupé des petits nerfs, son circuit électrique de la douleur était donc abîmé. C’est la catégorie des « neuropathiques ». On a dû se battre pour la faire accepter. Et aujourd’hui, une troisième classification dite « nociplastique » vient d’être enfin reconnue, celle d’une perturbation du fonctionnement de la douleur. Chez certaines personnes, ce système est moins efficace comme des freins de voiture qui lâchent. Conséquence, elles ont des douleurs diffuses sans raison. C’est le cas de la fibromyalgie, du syndrome de l’intestin irritable. Dire qu’elles sont inexpliquées, c’est faire de la médecine à l’ancienne.

Cette nouvelle forme de douleur est-elle connue des médecins ?

On a encore des difficultés. En médecine, on aime les marqueurs : les IRM, les radios, trouver les causes. Mais il faut former les médecins. Il y a quelques jours, j’ai expliqué à 500 d’entre eux réunis aux Entretiens de Bichat qu’il ne fallait plus parler de douleurs inexpliquées, de maladies imaginaires, qu’il y avait une explication. Ils étaient très intéressés et réceptifs. Depuis dix ans, les facultés de médecine dispensent enfin 20 heures de cours sur la douleur. Ce n’est pas énorme mais mieux que rien. Il existe aussi en France près de 250 centres spécialisés dans ce domaine. C’est une véritable avancée.

La douleur n’est donc plus le parent pauvre de la médecine, comme on l’a souvent dit ?

Il reste énormément de progrès à faire. De nombreux centres de la douleur sont amenés à disparaître faute de moyens dans les hôpitaux. Quand il y a des difficultés financières, on ne va pas supprimer un service d’anesthésie, ni de rhumatologie mais le premier visé, c’est le nôtre ! Des collègues me disent parfois, ce n’est pas une spécialité, tout le monde traite la douleur. C’est faux. On est là pour diagnostiquer des maladies rares et peu connus. Il y a encore des patients qui me disent « on m’a dit que je n’avais rien, que c’était dans ma tête » alors qu’ils souffrent de lombalgies, de tendinites, de céphalées. Je leur réponds : c’est dans votre tête bien sûr, c’est le cerveau mais ce n’est pas psychologique. Il y a un dysfonctionnement de douleur et je leur explique qu’on va essayer de régler à nouveau le thermostat.

N’y a-t-il jamais de facteurs psychologiques ?

Si. Les dépressions peuvent être à l’origine de ces symptômes. Dans ce cas, je les redirige vers un psychiatre mais je ne nie pas leur souffrance. Elle est réelle. En France, on est un pays catholique, la douleur est rédemptrice, elle promet un petit coin de paradis. Celui qui va mal est un fainéant. Il faut se débarrasser de cette conception. Elle fait souffrir les malades. Ils demandent à être reconnus.

Soigne-t-on mieux des douleurs que l’on disait inexpliquées aujourd’hui ?

Oui. On comprend mieux les mécanismes de l’algodystrophie, un syndrome douloureux régional complexe. Avant, on mettait un plâtre au patient en lui disant surtout de ne pas bouger. C’était la pire des choses. Au contraire, ils doivent s’activer. On connaît mieux aussi la fibromyalgie. Les voies de la douleur peuvent être perturbées par une variation hormonale chez les femmes à la ménopause ou l’arrêt brutal du sport chez les jeunes. On fait appel à l’hypnose, l’exercice physique, la balnéothérapie, en plus des médicaments pour les soigner. Il faut arrêter de nier la douleur des patients. Arrêtons de leur dire, c’est dans votre tête !

Toute l'équipe du CHTIP, Philippe AÏM, Laurent GROSS, Florent HAMON, Théo CHAUMEIL enseigne l'Hypnose Médicale à l'Hôpital Cochin, depuis quelques années... Nous les remercions de leur confiance renouvelée.
Santé. L'hypnose médicale, "efficace à 100 % sur les gens volontaires" Olivier Fleureaux, médecin-anesthésiste pratique l'hypnose médicale depuis quinze ans. A la clinique chirurgicale de la Porte de l'Orient, à Lorient, il permet à des patients de subir des interventions sans anesthésie ou d'éviter l'anesthésie générale. Rien de magique ou de spectaculaire dans la discipline : le patient est bien présent mais dans sa bulle. Explications.

Pourquoi ? Comment ?
C'est quoi, l'hypnose ?
« Ce n'est pas le sommeil »
, pose d'emblée Olivier Fleureaux, médecin anesthésiste-réanimateur à la clinique mutualiste.
« Avec l'hypnose, on est au coeur de la relation médicale, estime Olivier Fleureaux, anesthésiste-réanimateur. Il y a vraiment une relation de confiance qui s'installe entre le patient et le praticien | Ouest-France

« Il s'agit de faire revivre au patient, qui est en pleine conscience, une expérience positive. On est dans ses repères, son temps personnel, ses ressources. L'hypnose, phénomène naturel, est un outil parmi d'autres. Elle est efficace à 100 %, seulement sur les gens qui sont volontaires. On ne peut pas l'imposer. »
Pour quels types d'intervention ?
« Elle se prête bien aux chirurgies de la carotide, des varices, de la thyroïde, la chirurgie inguinale, celle de l'incontinence urinaire chez la femme,
décrit le Dr Fleureaux, qui pratique l'hypnose depuis une quinzaine d'années. L'hypnose permet ainsi de se passer d'anesthésie générale. Elle est toutefois toujours accompagnée d'une anesthésie locale. »

Quels sont les intérêts de l'hypnose ?
« Le patient subit moins les effets des analgésiques, il récupère plus vite, il est moins douloureux, moins anxieux avant et après l'intervention. »

Comment cela se passe-t-il au bloc ?
En fait, tout commence bien avant. Le chirurgien voit son patient. Si l'intervention se prête à l'hypnose, le praticien l'évoque. Si la personne est demandeuse, lors d'une consultation, l'anesthésiste lui explique en quoi cela consiste. « Nous trouvons ensemble ce qui, dans son expérience, son vécu, est pertinent. » Ce qui lui fait du bien, l'apaise. Une promenade, une sortie en mer, etc.
Le jour de l'intervention, « on place le patient dans sa bulle hypnotique ». En quelque sorte, la conversation démarrée en consultation se poursuit au bloc, tandis que l'équipe s'installe. « On est dans un phénomène de dissociation : le patient est à la fois dans une salle d'intervention et dans une expérience passée », indique Olivier Fleureaux. Quand l'opération est terminée, l'hypnose l'est aussi.

Combien d'interventions sous hypnose ?
A la clinique mutualiste, si les actes sous hypnose sont plutôt en augmentation, le recours à cette technique demeure toutefois « largement minoritaire ».

Existe-t-il d'autres déclinaisons de l'hypnose ?
Pour l'annonce d'un cancer, par exemple. « Là, on parle d'hypnose thérapeutique pour accéder à des ressources qu'on peut avoir perdues, détaille Olivier Fleureaux. On peut également y avoir recours pour évoluer dans la vie, tout simplement. »
Mardi 2 octobre, de 19 h à 21 h 30, UBS (Paquebot, amphi Massiac), rue Jean-Zay.

Conférence territoriale de santé, avec la participation des praticiens du Groupe hospitalier Bretagne-Sud, de Kerpape, de la clinique mutualiste et de libéraux. Entrée libre et gratuite.
- Redon.maville.com
L'hypnose accompagne davantage de patients en chirurgie cardiaque - Actusoins actualité infirmière Des infirmiers du CHU de Lille pratiquent l'hypnose auprès de patients opérés pour un remplacement mini-invasif de valve aortique depuis la mi-septembre. Une première qui permet de limiter l'emploi de produits antalgiques et anesthésiques.

Le remplacement d'une valve aortique « sous hypnose » à l'Institut cœur poumon (ICP) du CHU de Lille, mi septembre, a fait grand bruit. On a même entendu parler d'« opération à cœur ouvert sous hypnose » ou du remplacement de l'anesthésie par l'hypnose... S'il n'en est rien dans les faits - et heureusement! - il est vrai en revanche que l'hypnose a permis pour la première fois de ne pas avoir à recourir à une anesthésie générale mais locale et de réduire la médication du patient lors du remplacement d'une valve aortique par voie percutanée (Tavi).
Une intervention qui s'est déroulée à plusieurs reprises depuis. Pour les infirmiers qui ont pratiqué l'hypnose dans ce cadre, ce n'était pas la première fois. Plusieurs de ceux qui travaillent sur le plateau technique interventionnel de l'Institut cœur poumons sont formés à l'hypnose. Ils la pratiquent, comme c'est le cas dans d'autres établissements, en rythmologie lors de la pose de défibrillateur ou de pacemaker, d'ablations par radiofréquence, sous anesthésie locale, ou lors de l'induction d'une anesthésie générale, explique Amélie Lesieu, infirmière au plateau technique interventionnel de l'ICP, où se sont déroulées les interventions. Dans le cas de la procédure Tavi, cette technique a été employée ici pour la toute première fois.

Une première
« L'hypnose nécessite la coopération du patient, ajoute Amélie Lesieu. Si le patient n'en a pas envie, on ne peut pas l'induire, c'est-à-dire l'amener à une état de conscience modifiée. » Les infirmiers formés à l'hypnose et le chirurgien l'ont donc proposée aux trois patients déjà opérés la veille de l'intervention. Comme cette patiente de plus de 80 ans que Frédéric Leenknegt, IADE et faisant fonction de cadre de santé du plateau technique, a accompagné en hypnose lors du remplacement de sa valve, début octobre. « Elle était très anxieuse, raconte-t-il. On a évoqué l'actualité, puisque la première intervention, mi septembre, avait été très médiatisée. Nous l'avons assurée que les médicaments seraient prêts et disponibles au cas où cela ne fonctionnerait pas. » Ensuite, les soignants discutent « à bâtons rompus avec la personne, ajoute l'infirmier. On la fait parler de ses hobbies, de ses passions, de sa vie, de sa famille, des endroits qu'elle aime... des sujets qui nous donnerons des pistes pour le lendemain. » Cette discussion permet aussi de repérer les « canaux sensoriels » (visuel, auditif, olfactif...) auquel le patient est le plus sensible, ajoute Amélie Lesieu.

Le jour J, l'infirmière ou l'infirmier qui doit pratiquer l'hypnose durant l'intervention retrouve le patient bien en amont - il est mobilisé avant et pendant toute l'intervention. Cette phase se déroule sur un mode « conversationnel », souligne Frédéric Leenknegt. « On échange, on parle très calmement, poursuit-il. On demande au patient s'il est bien installé, on lui explique comment les choses vont se passer en gommant au maximum tout ce qui peut être perçu comme négatif ou source de stress. » Peu à peu, l'hypnose vise à l'amener dans un état de relaxation et de détente profond, la transe, qui l'aidera à gérer voire annihiler son stress. Ensuite, soit l'hypnose se poursuit en mode conversationnel -l'infirmière et le patient échangent, soit le patient se laisse aller au son de ses paroles, yeux fermés, sans parler.
Grâce à la discussion de la veille avec le patient, et « après avoir créé une alliance avec lui, NDLR), on va insister sur ses canaux sensoriels préférés pour faire en sorte que la transe soit la plus profonde possible », ajoute Amélie Lesieu.
 
Transposer les sensations désagréables
A chaque étape de l'intervention, l'infirmière ou l'infirmière associe à la transe les sensations physiques ou les bruits que le patient peut percevoir. Le chirurgien peut d'ailleurs les prévenir d'un geste potentiellement algique comme le passage des guides de 6mm de diamètre ou quand le cœur du patient est fortement stimulé. Malgré l'anesthésie locale, « les patients ont conscience qu'il se passe quelque chose au niveau de leur artère fémorale », remarque Hélène Sergeant, l'infirmière qui a « hypnotisé » les deux premiers patients. « Il faut que le patient puisse identifier la sensation à quelque chose de positif », précise-t-elle.
Pour l'une, assistante maternelle, elle a évoqué la vision et la sensation d'un petit enfant joyeux qui saute sur ses genoux. Son collègue a suggéré à une autre patiente qui adore les roses la sensation de piqure qui peut survenir quand on veut la saisir pour sentir son parfum. Ces évocations permettent aux patients de « s'évader et de transposer la sensation dans quelque chose de non douloureux voire d'agréable », ajoute Hélène Sergeant. Cela semble avoir bien fonctionné pour les trois premiers patients concernés. « Aucun rictus de douleur n'est apparu sur leur visage, ajoute-t-elle. Ils se sont laissés emporter dans leurs meilleurs souvenirs. »

Plus anxieuse, la patiente de l'IADE a préféré rester en contact conversationnel avec lui.
A chaque intervention, de toute façon, « pour le bien-être du patient et notre propre tranquillité esprit, on prévoit tous les produits qu'on a l'habitude d'utiliser afin de les avoir sous la main en cas de besoin », précise Hélène Sergeant. Ils n'ont apparemment pas été nécessaires. Les patients ont donc évité l'anesthésie générale, ses risques et ses suites, qui imposent une hospitalisation et une surveillance spécifiques. Ils ont également reçu  moins de produits morphiniques, anxiolytiques ou sédatifs, non dénués d'effets secondaires. Avec à la clé un rétablissement potentiellement plus rapide. « Nous espérons mettre en place un projet pour former le plus de personnes possible », ajoute Frédéric Leenknegt, afin que cette approche puisse être employée tout au long de la prise en charge des patients.
Olivia Dujardin


Cardiopathies congénitales en service de réanimation

lundi 29 octobre 2018 - 17:51
Par Karine CAMPISTRON, Infirmière depuis 2001 et en réanimation des cardiopathies congénitales de l’enfant et de l’adulte depuis 2012 au CHU de Bordeaux, et Elodie PREVOT, Infirmière anesthésiste depuis 2001. Revue Hypnose & thérapies brèves n°50 Nous travaillons dans le service de réanimation des cardiopathies congénitales de l’adulte et de l’enfant de l’hôpital Haut-Lévêque au CHU de Bordeaux. Dans ce service l’accompagnement des patients en réanimation est très complexe. Les patients, adultes comme enfants, y sont très techniqués (cathéters, drains, électrodes, sondes, canules...). Malgré cette hypertechnicité, le contrôle de la douleur a toujours été prépondérant et il nous semblait que le soin antalgique était réalisé de manière optimale.

Toutefois, nous remarquions bien qu’aucun médicament n’était réellement efficace pour aider ces enfants terrorisés par les soins. Aucun antalgique, aucun anxiolytique ne soulageait totalement ces adolescents et ces adultes angoissés par l’ablation des drains thoraciques1. Expérience d’autant plus traumatisante qu’ils l’avaient parfois déjà vécue, une ou plusieurs fois, dans leur parcours de patient. Le souvenir douloureux restait omniprésent. Et que proposer à ces patients tétanisés par la douleur d’une thoracotomie ? L’une des chirurgies les plus douloureuses.
Par exemple, pour le retrait des drains thoraciques et péricardiques, seul le recours à l’anesthésie générale permettait d’être efficace sur la douleur, mais en compliquant le soin et en rallongeant même parfois l’hospitalisation. En recherche d’une alternative moins agressive, nous nous sommes tournés vers les techniques antalgiques non médicamenteuses et l’hypnose est devenue une évidence. Il s’agissait d’utiliser un outil thérapeutique ludique et efficace, une technique adaptée aux différentes populations à soigner : les enfants et les adultes.

Ainsi l’hypnose est entrée dans notre service, au début très discrètement. Nous nous sommes formées par le biais d’un DIU d’Hypnose médicale et thérapeutique. A la suite de ce DIU, une dizaine d’infirmières ont pu suivre la formation de prise en charge de la douleur par l’hypno-analgésie dispensée au CFPPS5 de Bordeaux. L’idée d’un nouveau mode de communication a fait son entrée en réanimation. Peu à peu, les termes négatifs, les mots qui évoquent le froid, les piqûres, les coupures, se sont raréfiés dans notre discours. Ces habitudes, ancrées dans le langage soignant, ont été petit à petit éliminées de nos propos.

Ainsi la phrase typique « ne vous inquiétez pas, ça ne va pas faire mal, c’est juste une petite piqûre... » a tout simplement disparu. Nos pratiques ont été bouleversées, nous avons cessé de prévenir les patients, juste au moment des soins douloureux : « attention, je pique ! », préférant les laisser dans leur zone de confort. Nos propos se sont saupoudrés de mots de protection, de bienveillance, de bien-être, de chaleur, de confort... Notre positionnement, notre posture, notre discours, dans cet univers si technique et spécifique du post-opératoire de chirurgie cardiaque, se sont transformés.

L’équipe « d’hypno-infirmière » devenant plus nombreuse au fil des ans, nous avons commencé à développer l’hypnose conversationnelle et l’hypnoanalgésie de manière plus systématique. Nous sommes passés d’une pratique occasionnelle à une pratique quasi quotidienne. Rapidement les soignants on fait part de la difficulté de trouver des idées pour se lancer et proposer une séance sans vraiment connaître le patient, sans connaître ses goûts, ses canaux sensoriels prédominants, son VAKOG. La difficulté était d’autant plus grande dans les situations où le patient conscient ne peut communiquer (intubation consciente).
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La conspiration du silence: Tâches thérapeutiques. Guillaume DELANNOY, Vania TORRES-LACAZE et Annick TOUSSAINT
A partir de maintenant, et jusqu’à notre prochaine rencontre, je vais vous demander de ne plus du tout parler de votre problème, et ce à qui que ce soit. Vous pouvez bien entendu continuer à parler de tout autre sujet, mais plus un mot à propos de ces difficultés récurrentes que vous rencontrez. 
Conscience et guérison: le rôle du patient dans le processus de guérison. Dr Gérard VIGNERON
« Oui, vous aviez raison, c’est bien un lymphome. » Ces quelques mots prononcés par le chirurgien qui venait de recevoir les résultats de l’anatomo-pathologie des ganglions enlevés quelques jours auparavant, allaient provoquer en moi une espèce d’urgence à préciser le rôle et la place que doit prendre le patient dans le processus de guérison.
Note Cinquième selon François Roustang. Sylvie LE PELLETIER-BEAUFOND
Présentant un court texte lors d’une rencontre sur le thème de l’identité, François Roustang propose une réflexion sur ce qu’il titre « habitation ». Ce texte ne prétend pas aborder la question sou- levée ici d’un point de vue philosophique ou d’un point de vue social, il énonce une démarche thérapeutique en tout point originale.
Cardiopathies congénitales en service de réanimation. Karine CAMPISTRON
Nous travaillons dans le service de réanimation des cardiopathies congénitales de l’adulte et de l’enfant de l’hôpital Haut-Lévêque au CHU de Bordeaux. Dans ce service l’accompagnement des patients en réanimation est très complexe. Les patients, adultes comme enfants, y sont très techniqués (cathéters, drains, électrodes, sondes, canules...). 
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Et si l’hypnose était non seulement praticable, mais présentait un intérêt majeur chez un patient douloureux en état de coma vigile ? 
Devant l’absence d’évolution significative de Paul, une prise en charge à visée antalgique a été tentée pendant trois mois par un binôme hypnothérapeute-kinésithérapeute.
Hypnose en terrain humanitaire. Christine ALLARY
Au décours d’une mission de chirurgie maxillo-faciale, en situation anesthésique précaire avec l’association Les Enfants du Noma à Madagascar, l’idée s’est spontanément imposée à l’équipe d’anesthésie de mettre en place et bénéficier de l’outil hypnose au bloc opératoire. 
Médecin généraliste et Hypnose: Osez ! Dr Pierre Le Grand
Médecin généraliste, formé à l’hypnose médicale, je croise d’autres médecins qui ont cet outil dans leur sacoche. Certains s’en servent, d’autres moins. Ils invoquent alors tout un tas de raisons : pas le temps, pas de reconnaissance de l’acte, pas facile à concilier avec l’organisation du cabinet...
Au quotidien: La pratique de l'hypnose en médecine générale. Dr Salomon HAYOUN
Près de seize ans après ma formation à l’hypnose médicale auprès de Jean-Marc Benhaiem et de l’influence philosophique de François Roustang, il m’est agréable de m’interroger sur ma pratique de l’hypnose en médecine générale. Outre la transformation personnelle qu’il est classique d’exprimer comme tous ceux qui ont été initiés à l’hypnose, j’aborderai ici mes rapports aux patients, à la maladie et ma position en tant que soignant. 
Phénoménologie de la transe en médecine générale. Dr Daniel Quin
Médecin généraliste pratiquant l’hypnose depuis quinze ans, en cabinet libéral, cette activité spécifique représente à ce jour 80 % de mes consultations. Je suis confronté régulièrement à des demandes de sevrage tabagique, à des phobies de toutes sortes, des troubles anxieux, des insomnies, des pulsions alimentaires, des comportements addictifs (alcool, drogues, jeux), à de la préparation à des concours ou des épreuves sportives. 
Hypnose et médecine générale. Dr Gérard FITOUSSI
« La médecine générale est une médecine de l’individu dans son environnement naturel. L’objectif premier de la médecine est le soin du patient. Tout comme la médecine en général, la médecine générale est une discipline qui fait appel à des données biomédicales et techniques. Cependant ces seules données sont insuffisantes pour répondre à toutes les demandes de soins des patients.
« L’hypnose, on commence quand ? » Dr Stefano Colombo, Revue Hypnose et Thérapies brèves 50
Ce qui me gêne ? Je souffre de crises de panique, docteur. C’est horrible. Cela me prend d’un coup, quand je les attends le moins du monde. - Parce que vous les attendez ? - J’y suis tellement habitué que je sais d’avance qu’elles vont venir. - Vous êtes donc prévenu ! - Tout en ne sachant pas quand elles viennent. 
Interview du Dr Dominique Megglé par le Dr Gérard FITOUSSI
Votre parcours professionnel est impressionnant, pouvez-vous nous donner un aperçu ? Dominique Megglé : Servir ! Je me suis engagé dans l’armée pour servir la France. Pendant la Seconde Guerre mondiale, mon père, résistant, a été arrêté et torturé par les nazis, puis déporté à Buchenwald. Et comme je suis né au Maroc et que mon enfance en a été bercée, je voulais retrouver ma chère Afrique.
Hypnose et écriture: "146 boulevard Haussmann", l'ouvrage de Maurice Soustiel
Compte rendu par Sophie COHEN. Il est rare que je parle d’un récit et voici que cette rubrique fait exception pour l’excellent livre de Maurice Soustiel. Maurice Soustiel pratique l’hypnose dans sa consultation à l’hôpital. Il me dit sans l’hypnose, ce livre n’aurait jamais vu le jour parce que penser le passé jusqu’à l’écrire est extrêmement thérapeutique.
Notes de lecture par Christine GUILLOUX
La clé des cœurs : Contes et mystères en pays amoureux, Henri Gougaud
Dernière livraison de notre ami Henri Gougaud, le conteur par lequel l’on renaît sans cesse, par lequel on se nourrit comme on se sourit, par lequel l’on sait transformer les menaces en miracles.
Initiation à la thérapie brève orientée vers les solutions : En dix leçons 
Comptes rendus par Sophie COHEN
Un guide court et clair qui décrit les outils de thérapies brèves. En passant par la définition des objectifs et la question miracle, dix outils sont développés et ce en une centaine de pages. Avec cette synthèse, on ne peut plus dire que l’on n’a pas le temps de lire !

La rééducation en éveil de coma: Intérêt de l'Hypnose

mercredi 17 octobre 2018 - 09:38
Par Marie-Pierre BERTINET, Psychologue clinicienne, hypnothérapeute et thérapeute familiale systémique Céline DEFACHELLE, Ergothérapeute et Elodie GOERES, Kinésithérapeute. Revue Hypnose & Thérapies Brèves n°50 Et si l’hypnose était non seulement praticable, mais présentait un intérêt majeur chez un patient douloureux en état de coma vigile ?
Devant l’absence d’évolution significative de Paul, une prise en charge à visée antalgique a été tentée pendant trois mois par un binôme hypnothérapeute-kinésithérapeute. Les résultats ont montré pour le patient la possibilité d’entrer dans une transe hypnotique, et pour le kinésithérapeute une plus grande efficacité dans l’amplitude des étirements en infra-douloureux, une mobilisation active sur commande, puis à l’initiative du patient. Le processus hypnotique a contribué à l’installation d’un réveil moteur et d’une ébauche de communication.

Milton Erickson (1901-1980) développera, au décours de ses recherches, une méthode de concentration mentale basée sur un mouvement minimal. S’inspirant de ce travail, un binôme hypnothérapeute-kinésithérapeute a expérimenté, chez un patient en situation de conscience minimale suite à un accident de la voie publique, une alliance thérapeutique basée sur le processus hypnotique pendant les séances de rééducation. L’objectif initial visait la modulation de la douleur, et la possible activation des ressources cérébrales.

Pourquoi utiliser le processus hypnotique ? Nous appuyant sur les travaux de Patrick Bellet ayant utilisé l’outil hypnotique en centre de rééducation fonctionnelle avec des patients atteints neurologiquement, nous avons mis en place, à titre expérimental, des séances de rééducation en kinésithérapie couplée à de l’hypnose, auprès d’un patient en état de coma vigile. Les objectifs initiaux étaient de favoriser la qualité et le confort des séances de rééducation en diminuant les manifestations douloureuses observées sous forme de réactions d’opposition (grimaces, grincements de dents, hypertonie des membres supérieurs, etc.).

De façon empirique, deux séances par semaine, espacées de trois jours, ont été effectuées d’avril à juin 2015.Paul, âgé de 19 ans, a été victime d’un accident de la route en octobre 2014. Poly-traumatisé (hématome sous-dural gauche, œdème cérébral majeur ayant nécessité une craniotomie de décompression, fractures de l’humérus droit, de la clavicule gauche, du sacrum, des ailes iliaques bilatérales, et dislocation pubienne et compression de l’urètre), il entre au Centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelles L’Espoir en décembre 2014 en état de coma vigile (échelle de Glasgow, entre 5 et 6).Le projet thérapeutique consistait initialement en une prise en charge pluridisciplinaire en kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie et soins infirmiers, afin de stimuler le patient.

Le bilan initial fait état d’absence de commande volontaire, d’absence de communication, de spasticité hémi-corporelle gauche, avec des manifestations de douleurs à la mobilisation de l’épaule (grincements de dents, grimaces, grognements et réflexe de succion). Une évaluation de la douleur a été pratiquée à l’aide de l’Echelle comportementale de la douleur chez la personne âgée (ECPA) qui retrouve un score de 7/32. Celle-ci nous avait semblé pertinente en raison des items : expression du visage et mimiques, la recherche de positions antalgiques, les mouvements réalisés et la relation à autrui. A la mobilisation passive de l’épaule gauche, on retrouve une élévation à 30° alors qu’à droite l’élévation est obtenue jusqu’à 90°, l’abduction est de 35° (à droite 90°), la rotation externe est inexistante (30° à droite) et on retrouve un dé- faut d’extension du coude gauche de 110° (30° à droite).


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